Catégorie : Finance

Comment bien choisir sa néo banque?

Je suis Cédric, l’auteur d’un nouveau blog sur les finances personnelles qui s’appelle Budget-solution.com, et je voudrais remercier Mickaël de m’avoir invité sur son blog. Dans cet article,  j’aimerais vous parler de comment choisir sa néo banque, car vu le nombre de néobanques qui se bousculent sur le marché, faire le bon choix n’est pas forcément évident…

La genèse des néo banques

La première néo banque apparue en France, n’est autre que Compte Nickel, dès 2014. C’est d’ailleurs -et de loin – la première néo banque française en nombre de clients avec plus de 1,6 million de clients contre 600.000 pour N26, en seconde position. Compte nickel, devenue « Nickel » entre temps, et aussi la seule néo banque à être rentable à ce jour

J’ai eu l’honneur de faire partie des clients pionniers de compte nickel en 2014, alors que je traversais une période très délicate sur le plan financier. Cette néo banque m’a permis de redresser mes comptes et de sortir de mon découvert chronique à l’époque. 

Qu’est-ce qu’une néo banque?

Les néo banque sont la troisième génération de banques apparues en France, ont les appellent aussi « banques mobile ». Pourquoi? Tout simplement parce que leur caractéristique principale est de pouvoir y ouvrir un compte en 10 minutes environ depuis son smartphone, en scannant les pièces justificatives.

C’est là leur principale différence avec les banques en ligne, qui elles, n’offrent la possibilité que d’ouvrir un compte sur ordinateur. 

Quelle néo banque choisir? 

That is the question! Ma réponse est: la néo banque que vous devez choisir est celle qui correspond le mieux à vos besoins et vos usages. Et il n’existe pas de néo banque avec que des avantages et 0 inconvénients. Ce serait trop facile… 

Chaque néo banque à ses caractéristiques. 

Par exemple, il y’a certaines néo banques à privilégier et d’autres à éviter si vous voyagez fréquemment à l’étranger. Si vous êtes un micro-entrepreneur ou que vous gérez une petite entreprise avec un statut juridique, certaines néo banques vous sont destinées, comme Shine ou Quonto. 

Je dirai que l’un des critères principaux pour choisir une néo banque en dehors de l’usage qu’on veut en faire, c’est son application mobile. Et là, c’est un critère un peu subjectif parce que chacun évalue une application mobile à l’aune de ses propres attentes.

Je vais prendre un exemple : je vois beaucoup de gens critiquer l’application mobile de Max sur Youtube, en disant que c’est le foutoir, et qu’on a du mal à s’y retrouver et qu’elle est vraiment à revoir…moi, personnellement, leur application ne me dérange pas plus que ça. Donc chacun jugera en fonction de ses propres critères.

Mais l’application de la néo banque doit naturellement être ergonomique, facile d’usage, sans bug et complète avec donc toutes les fonctionnalités qu’on attend d’une application mobile de banque. Comme par exemple le « top-up » ( rechargement instantané du compte avec une autre carte bancaire) en tout cas, pour moi, c’est un critère incontournable !

Et je peux vous dire que, pas plus tard qu’hier, le top-up m’a sauvé la mise lorsque j’ai dû changer de carte de paiement pour régler mes courses. Si je n’avais pas pu recharger mon autre carte avec un virement instantané, j’aurais dû laisser mes courses au supermarché ! 

Néo banque pour interdits bancaires

Avant l’apparition des néo banques en France, des millions de français exclus du système bancaire traditionnel n’avaient d’autre choix que d’échouer à la banque postale, l’une des pires banques selon moi. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la catastrophe qu’à été le lancement de « Ma french bank » pour constater combien ces gens-là sont mauvais et incompétents, alors que des petites fintech, avec des moyens bien plus réduits font 1000 fois mieux…

Depuis longtemps en effet, la banque postale est LA banque des pauvres. Celle qui récupère tous les clients dont les autres ne veulent pas ! 

Mais avec l’arrivée de Compte nickel en 2014 puis des autres néobanques à partir de 2016, les choses ont changé. Car, par définition, les néo banques acceptent les interdits bancaires, car elles n’offrent pas la possibilité d’être à découvert sur son compte. 

Si vous ne pouvez pas être à découvert sur votre compte, alors il n’y a aucune raison qu’une personne en interdiction bancaire ne puisse pas ouvrir un compte chez une néo banque puisqu’elle ne risque pas d’avoir des incidents de paiement sur son compte.

En effet, les cartes de néobanques bloquent l’opération si celle-ci risque de provoquer un solde négatif

les Néo banques avec un iban.fr

Les néobanques, malgré tous leurs avantages, souffrent néanmoins d’un usage comme compte secondaire, ce qui bride leur développement. Et ce problème concerne plus particulièrement les néo banques étrangères, qui n’offrent, pour le moment, pas de RIB français.

Malgré l’existence d’une loi européenne prohibant la discrimination à l’IBAN, la France fait encore aujourd’hui de la résistance en n’acceptant pas partout les RIB étrangers. l’excuse la plus courante des fournisseurs de services étant un problème de compatibilité de leur système informatique programmé pour n’accepter que les RIB en « .fr ».

Par pur hasard, je viens justement de recevoir un email de Revolut me donnant des recommandations si jamais je suis victime de ce phénomène :

Sauf que, ledit problème perdure depuis l’arrivée de N26 en 2016, et que cela ne tient pas une seconde! En 2017, j’étais déjà confronté à ce problème de discrimination d’IBAN, et cela aurait dû être réglé depuis longtemps. Or, en 2020, ce n’est pas le cas partout, même si des progrès ont été faits. 

Si on appliquait la même sévérité qu’avec la loi RGPD sur la protection des données personnelles des utilisateurs, il y’a longtemps que tout-le-monde serait rentré dans le rang

Bonne nouvelle cependant : Monèse et Revolut, les deux principales néobanques britanniques, travaillent à proposer très prochainement un RIB en « .fr » à leurs clients français. Ce qui devrait régler définitivement le problème pour leurs clients, dont je fais partie ! 

N26 et Bunq restent quant à elles à la traîne sur ce sujet… 

Les avantages d’une néo banque

Je vous le disais, les néobanques comportent de nombreux avantages. Outre le fait de pouvoir y ouvrir un compte sans paperasse et très simplement en 10 minutes sur son smartphone, les néobanques offrent des services et des fonctionnalités innovantes par rapport aux banques à papa et aux banques en ligne. 

Comme par exemple le paiement via les « Pay » : Apple pay, google pay, samsung pay …donc avec une smart watch. 

Les néobanques offrent quasiment toutes, sauf nickel, Ma french bank et Eko du crédit agricole, une offre avec la carte gratuite. Pour ceux qui veulent en avoir plus, des offres payantes existent naturellement

Les offres « Premium » avec une carte haut de gamme, proposent des services en plus comme la carte métal, des plafonds de retrait aux DAB plus élevés, l’accès gratuit aux salons d’aéroport, du cashback en utilisant sa carte etc. 

Rien qu’avec les cartes gratuites, on dispose de la possibilité de créer des cartes virtuelles pour payer sans risque sur internet, de cagnottes ( sous-comptes) chez certaines néobanques pour épargner pour ses projets, ou encore de la possibilité d’ouvrir un compte- joint comme chez Monèse ! 

Certaines néo banques propose un programme de parrainage, comme Monèse ou N26, et selon les offres en cours, vous pouvez gagner 20/25€ par filleul, sans limitation. 

Max, est la seule néo banque entièrement gratuite – pas d’offres payantes chez eux – et elle est très intéressante également pour les voyageurs qui se rendent à l’étranger, puisque la carte Max est sans frais à l’étranger ( sans frais de la part de Max s’entend) alors que les autres cartes qui proposent le « sans frais » à l’étranger sont limitées à un plafond de retrait comme Revolut, Monese… et à 2% au delà. 

Toutefois, le « sans frais » n’est pas toujours gratuit, car certains pays comme la Thaïlande, prélèvent des frais sur chaque retrait avec une carte étrangère aux ATM, donc selon les pays, vous aurez quand même des frais, mais très réduits par rapport à ce que peuvent vous piquer les banques traditionnelles. 

Si vous voulez en savoir plus et découvrir les caractéristiques des néobanques et leurs nouveautés, vous pouvez suivre des chaînes Youtube comme celles de :

Les inconvénients d’une néo banque

Les néo banques ont aussi quelques inconvénients, il serait malhonnête de ma part de les taire, même si je suis un grand adepte des néobanques ! 

A l’usage, le principal inconvénient que j’ai remarqué chez les banques mobile, c’est que leurs cartes ne passent pas partout. Surtout lorsqu’il s’agit de cartes prépayées. Il existe en effet 3 types de cartes bancaires :

  •  les cartes prépayées, les plus « bas de gamme » on va dire. 
  •  les cartes de débit (les plus courantes)
  •  les cartes de crédit (comme celle de Nickel ou de Bunq) 

C’est le genre de mésaventure que j’ai eu hier en voulant payer mes courses en utilisant ma carte Monese,pourtant une carte de débit, qui a été refusée par le terminal ! Heureusement que je pouvais faire un virement instantané pour alimenter un autre de mes comptes.

Les cartes de crédit sont les plus rares, mais elles passent partout. Surtout, elles permettent de réserver une voiture de location par exemple, ce qui est impossible avec les cartes prépayées et les cartes de débit ! Également , beaucoup de cartes de débit n’offrent pas le « off line », donc vous ne pourrez pas payer avec elles aux stations services ou dans un parking souterrain par exemple.

Sauf…à les utiliser via un agrégateur de cartes comme Curve, qui lui, dispose du « Off line » et donc en utilisant la carte Curve pour payer avec une autre carte, Curve rend n’importe quelle carte ajoutée dans l’application compatible avec le « Off line! » Bon à savoir !

La carte Max, qui est également un agrégateur de cartes, n’offre pas le « Off line » (hors connexion du terminal à internet)  dommage…

Autre inconvénient : les néobanques offrent des services limités au seul compte courant, sauf lorsqu’elles disposent d’une licence bancaire comme Revolut par exemple. La plupart des néobanques sont en effet des « établissements de paiement » un statut plus limité qu’avec une licence bancaire. 

C’est aussi pour ça que ces néobanques ne peuvent pas offrir la possibilité d’être à découvert. Mais est-ce vraiment un inconvénient? Bien au contraire…Enfin, elles n’offrent ni chéquier ni possibilité de déposer des espèces sur son compte.  Sauf…nickel et bientôt Kard

Enfin, au rayon des inconvénients, qui là pour le coup est scandaleux : méfiez-vous de N26 En effet, cette néo banque a une fâcheuse tendance à bloquer les comptes des utilisateurs, de nombreuses personnes s’en sont plaintes, et certaines se sont retrouvées dans des situations dramatiques par la faute de N26 !  

Malheureusement, N26 étant allemande, bon courage pour faire valoir vos droits dans ces cas-là… 

N’hésitez pas à venir visiter mon blog sur https://budget-solution.com, je vous réserve plein de bonnes choses dans les semaines qui viennent et à rejoindre la communauté pour télécharger mon livre numérique « Budget booster »

Sur quelles entreprises investir pour sortir gagnant en bourse ?

Nous avons abordé plusieurs fois, au cours de cette série sur comment sortir gagnant de la crise actuelle, le thème de la bourse et des marchés financiers. Ces derniers, exposés actuellement à des modifications parfois structurelles, offrent nombres d’opportunités tant aux investisseurs qui parient à la hausse qu’aux traders qui parient à la baisse.

Nous avons profité de l’occasion pour introduire nombre de concepts qui serviront aux débutants pour naviguer ces eaux souvent troubles mais poissonneuses. Aujourd’hui, nous allons nous adresser aux lecteurs qui veulent investir en position longue (c’est-à-dire bénéficier d’une hausse des cours) en présentant une fiche détaillée des quatre principaux secteurs à surveiller afin de générer des retours positifs sur les marchés financiers en quelques mois. 

Pour introduire ce guide, il faut commencer par établir un fait somme toute universel. Les crises économiques, politiques, sociales ou sanitaires font des perdants et des gagnants. Loin de nous l’idée de dire que les gagnants « volent » aux perdants. Mais il s’agit là de la logique même des marchés financiers. Certains ont, par le passé, parié sur une tendance particulière et ont placé des sommes, soutenant des pans d’activités.

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D’autres ont fait la même chose, mais ont parié sur d’autres acteurs. Lorsque la crise vient, les premiers perdent ce que les autres gagnent et vice versa. Le secret pour être parmi les gagnants n’est certes pas une recette applicable à tout et à tous, mais réside dans certains concepts et principes que nous illustrerons aujourd’hui. 

Bien que la crise actuelle du coronavirus n’était pas prévisible (certains diront qu’une pandémie pouvait l’être, mais les modalités, le déroulement et les conséquences ne l’étaient guère), il était toutefois possible, à l’avance, de placer son argent sur des secteurs sûrs qui, même s’ils subiront un impact réel pendant quelques mois, retrouveront vite fait des couleurs une fois la situation passée.

C’est ce que l’on appelle les secteurs « ever green » (toujours verts) car ils se structurent autour de fondamentaux sains (un marché porteur, une structure des coûts avantageuse, une croissance durable et prévisible etc.). 

Ces secteurs ever green sont généralement ceux de l’énergie, des services publics essentiels, de la santé et des biens de consommation. Nous allons détailler ces derniers, analysant leurs fondamentaux économiques, leur business models, les raisons pour lesquelles ils demeurent résilients face à la crise et lister quelques acteurs majeurs sur lesquels placer ses deniers. 

Le secteur de l’énergie 

Il s’agit généralement d’un secteur bien établi, qui subit somme toute très peu de volatilité. Pendant des années, la demande en énergie n’a fait qu’exploser, notamment grâce à l’émergence d’économies gourmandes en énergie (Chine, Inde, Brésil, Turquie etc.) qui ont littéralement absorbé chaque goutte de pétrole et chaque morceau de charbon qu’elles pouvaient trouver.

De plus, les grands acteurs du secteur de l’énergie fossile ont commencé à investir des sommes pharamineuses dans le secteur des énergies renouvelables et vertes, maintenant que ce dernier a atteint une maturité à la fois technologique et commerciale. La relève est donc assurée pour ces grands groupes, puisqu’ils ont encore devant eux une demande gourmande pour leur offre première d’énergie (pétrole, gaz) mais qu’ils ont également un pied dans le secteur énergétique du futur. 

Cette double articulation signifie que les grands groupes sont à la fois établis sur les marchés émergents encore peu sensibles aux énergies renouvelables mais également sur les marchés développés qui opèrent leur transition verte de façon décisive. Ce qui signifie qu’ils « hedgent » leurs risques spécifiquement géographiques et géopolitiques.

Enfin, il est intéressant de noter que le marché de l’énergie au niveau mondial a pris une toute autre dimension, grâce à l’implémentation de projets réellement internationaux qui voient des états collaborer à l’échelle continentale voire mondiale afin de faciliter le transport et la distribution d’énergie pour réduire les coûts (généralisation des gazoducs transcontinentaux : Turkish Stream, NordStream etc ; projets d’oléoducs en Amérique du Nord, Afrique et Asie). 

Les grands groupes à surveiller sont donc Total, Shell, Exxon Mobil, le nouveau géant Occidental (bien que soumis à quelques problèmes ponctuels de type financier suite à l’acquisition difficile d’Anadarko), le groupe italien ENI qui se trouve au croisement de l’Europe et du Moyen-Orient.

A noter que les grands groupes énergétiques des pays émergents constituent encore des investissements spéculatifs risqués. Ces pays dépendant souvent du pétrole ou du gaz d’un point de vue commercial et budgétaire, les groupes sont soumis à l’instrumentalisation politique de gouvernements parfois autoritaires ou corrompus (Russie, Venezuela, Arabie Saoudite, Brésil etc.). 

Le secteur des services publics essentiels 

La crise actuelle a remis en avant la responsabilité et le rôle des Etats à travers le monde. Les citoyens attendent de leurs gouvernements respectifs de prendre en main la situation tout en continuant à assurer l’intégralité des services dont ils bénéficiaient avant. Il est donc tout à fait logique que les services publics dans leur ensemble continueront à fonctionner.

Les entreprises œuvrant dans l’électricité, le traitement de déchets ou encore le traitement et la distribution d’eau ne seront pas impactées. Les travailleurs dans ces secteurs font partie de ceux que l’Organisation  Mondiale de la Santé ont désigné comme essentiels à la continuité de l’activité économique pendant la crise, aussi seront-ils mobilisés et protégés de l’infection. 

Le seul bémol serait que certains états aux finances fragiles puissent expérimenter des difficultés face à l’ampleur de la crise. En effet, face aux dépenses nécessaires pour affronter l’épidémie, mettre en place les infrastructures dans les plus brefs délais, soutenir l’économie et combler les déficits des entreprises étatiques (typiquement compagnies aériennes ou régies des transports publics), certains états se trouveront dans des situations budgétaires et financières compliquées.

Il y a fort à parier par contre que les institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, BCE, FED) aideront les pays et les gouvernements qui auront besoin de marge de manœuvre financière. L’exemple le plus éloquent est celui de l’Union Européenne, qui a mis en place un plan de Quantitative Easing pour soutenir les finances des états membres et qui a débloqué plus de 1000 milliards d’euros pour mutualiser une partie de la dette en activant les mesures d’urgence du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). La faillite d’un état européen n’est donc pour l’instant pas une menace pour la continuité des services publics.

Le secteur de la santé

Les géants de la santé vont évidemment profiter de la crise sanitaire actuelle, car elle leur permet de produire en masse des produits et médicaments nécessaires pour contrer la pandémie. Cependant cet aspect n’explique que partiellement leur attrait pour les investisseurs en bourse. Il s’agit d’un secteur mûr, qui a atteint un seuil critique d’efficacité et de gestion des coûts grâce à une politique d’acquisition et fusion qui a consolidé l’industrie autour des acteurs les plus solides.

De plus, les grands groupes de la santé disposent littéralement de montagnes de cash, ce qui leur permet de capter les startups innovantes dans le domaine de la santé et des biotechnologies et donc d’avoir un avantage compétitif remarquable en terme d’innovation. 

Il faut aussi ajouter à cela la perspective qu’un des grands groupes détienne le brevet exclusif pour produire et commercialiser les vaccins contre le coronavirus à l’échelle mondiale. Il s’agit là d’un marché de près de 8 milliards de clients potentiels ! A noter aussi que certains pays ont autorisés des groupes comme Sanofi à avoir une licence exclusive pour produire et distribuer de l’hydroxychloroquine, ce qui leur garantira des rentrées de revenus conséquentes pour la durée de la pandémie.

Les acteurs principaux du secteur de la santé sont Sanofi,  Gilead Science, Johnson&Johnson, Pfizer, Roch, Merck et Novartis. 

Le secteur des biens de consommation

La consommation de biens et services restera à peu de chose près peu impactée par l’actuelle crise. En effet, les mesures de restriction de mouvement et de confinement ont provoqué une véritable explosion de la consommation parmi les ménages, qui se sont vus adopter des comportements d’achat excessif par crainte de ruptures d’approvisionnement ou de pénurie.

Il n’était pas rare de voir des supermarchés partout dans le monde dévalisés par les consommateurs, remplissant des chariots entiers et achetant pour plusieurs centaines voire milliers d’euros de denrées alimentaires et autres essentiels.

Cette vague de panique a bénéficié aux industries des biens de consommations, puisqu’elles ont non seulement vu une partie de leurs revenus futurs être encaissée plus tôt que prévu, mais aussi parce que la vague de consommation impliqua nécessairement un taux de gaspillage qui conduira à de nouvelles dépenses plus tard. 

Un stigmate de cette tendance réside dans le fait qu’Amazon ainsi que d’autres géants du e-commerce ont recruté plus de 150 000 travailleurs supplémentaires pour pouvoir faire face à l’explosion de la demande. 

Ce constat n’est pourtant pas applicable à l’ensemble du secteur. Les biens de consommation qui nécessitent plus d’investissement seront pour l’instant délaissés (pensez à Apple par exemple), tout comme les chaînes de restauration (Starbucks, McDonalds etc. qui ont vu leurs revenus baisser malgré la systématisation des livraisons à domicile).

Cependant les grands groupes qui sont Coca-Cola, Nestlé, Unilever, P&G ou encore 3M détiennent un catalogue de marques et de produits suffisamment larges pour être résilients face à la crise et profiter de ce boom de la consommation. 

Autres secteurs résilients ou en plein boom grâce à la crise

Mis à part ces quatre grands secteurs, nous pouvons également identifier certains secteurs, moins importants mais tout aussi dynamiques en ces temps de crise. Le secteur tech par exemple, a vu sa capitalisation boursière globale augmenter grâce notamment à l’explosion de nouvelles plateformes de vidéoconférences (Zoom, Skype, voire Houseparty).

Les réseaux sociaux bien établis comme Facebook, Instagram, LinkedIn ou Youtube ont vu leurs taux d’engagement et d’utilisation croître à deux chiffres. Il en va de même pour les plateformes de streaming comme Netflix ou Disney+, cette dernière ayant pénétré le marché du streaming il y a moins d’une année pour se positionner aujourd’hui comme un véritable concurrent à Netflix. 

Le secteur bancaire constitue également une opportunité d’investissement au vu des différents plans de soutiens institutionnels dont il bénéficie en ces temps difficiles. Bien que certaines banques soient exposées à des manques de liquidités ou à une hausse des impayés et donc à une dégradation de leur bilan (augmentation du pourcentage des prêts douteux), la majorité des grands acteurs disposent de suffisamment de capitaux et de cash pour pouvoir se constituer un matelas en cas de crash.

Cela est dû à deux facteurs principaux, le premier étant que nous sortons d’une décennie d’abondance absolue du cash à cause de taux d’intérêt presque nuls voire négatifs. Le second fait écho aux régulations implémentées après la crise de 2008 qui ont imposé une séparation entre les activités de dépôt et d’investissement des institutions bancaires (Dodd-Frank Act en 2008) ainsi que de nouvelles obligations de capitalisation et de réduction des effets de levier (Bâle III). Le secteur bancaire est donc sorti plus consolidé, plus solide et mieux régulé qu’il y a 10 ans. 

Enfin, il existe des opportunités d’investissement dans les secteurs généralement sains mais qui ont vu leur activité économique et leur situation financière se détériorer car lourdement impactées par la crise (hôtellerie, tourisme, transport aérien, divertissement etc.). Les grands groupes dans ces secteurs disposent généralement soit de suffisamment de liquidités pour pouvoir survivre à cette traversée du désert, ou seront sauvés par les gouvernements qui voient en eux un intérêt national stratégique. 

En conclusion, il est tout à fait possible de sortir gagnant de la bourse en ciblant les secteurs et marchés ever green qui, pour des raisons conjoncturelles et structurelles, ne seront pas négativement et durablement impactés par la crise du coronavirus. Il va de soi que si vous décidez de sauter le pas et de placer vos deniers sur les marchés financiers, que vous vous devez de bien vous renseigner et de savoir dans quoi vous vous engagez.

N’hésitez donc pas à accumuler un maximum d’informations quand vous avez identifié des entreprises potentiellement porteuses de retours positifs. Lisez les notes d’analystes, les rapports financiers qui sont publiés chaque trimestre sur les sites des groupes ou sur le site de la SEC (Securities and Exchange Commission – l’autorité US des marchés financiers). Bonne chance et bonne pêche !  

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4 solutions pour sortir l’argent des banques

Les moments de crise comme ceux que nous vivons actuellement peuvent contribuer à ébranler la confiance générale dans les institutions. Certains pays ont vu leurs populations contester l’ordre politique et social établi, tandis que d’autres ont vu tout particulièrement les banques être la cible de spéculation quant à leur effondrement.

Les épargnants comme les actionnaires sont naturellement inquiets que les banques, qui sont au circuit économique et monétaire ce que le cœur est à l’être humain, c’est-à-dire une pompe qui fait circuler les capitaux pour irriguer le tissu économique, ne soient victimes de l’arrêt de l’activité économique. Aujourd’hui dans cet article, nous vous offrons une perspective sur cette question, vous présentant un panorama macro-économique et financier de la question mais aussi des solutions pour désinvestir votre argent du système bancaire conventionnel et le placer en sécurité. 

Quels sont les risques principaux auxquels votre argent est exposé en banque ?

Pour avoir une vision objective de la situation actuelle, il faut commencer par identifier de façon réaliste et calme les risques à la fois structurels et conjoncturels qui menacent le secteur bancaire. Beaucoup tentent aujourd’hui de semer une panique injustifiée afin de vendre des solutions clé en main qui ne servent à rien ou à simplement illustrer leurs théories paranoïaques. 

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Des risques conjoncturels 

Le secteur bancaire est actuellement exposé à plusieurs menaces qui, globalement, ne risqueront pas de faire sombrer toute l’industrie et vos économies avec. Ces risques résident principalement dans le fait que l’activité économique se soit récemment arrêtée à cause de la crise de coronavirus qui a imposé confinement et gel des activités productives non-essentielles. Ceci provoqua chômage de masse (plus de 40 millions de chômeurs en moins de 6 semaines aux USA) et faillite de nombreuses petites entreprises.

Cela contribua également à l’arrêt des investissements productifs (une composante fondamentale de la demande globale et qui s’appuie beaucoup sur l’écosystème financier) et le report de la consommation discrétionnaire des ménages (investissements immobiliers, biens de consommation plus sophistiqués : voitures, appareils électroniques, vacances, divertissement, etc.). 

Tout ceci s’est traduit en termes concrets par une détérioration du bilan des banques commerciales, qui ont vu la proportion des prêts non performants augmenter au-delà des prédictions. Les prêts non performants sont techniquement les prêts qui ont peu de chance d’être remboursés, car ayant subi un impayé de plus de 90 jours.

Bien que tous les prêts non performants ne finissent pas en faillite et en perte sèche pour les banques, la détérioration du bilan contribue directement à dégrader la capacité des banques à pouvoir emprunter et à négocier les taux d’intérêt. En effet, les créditeurs des banques sont attentifs à ce ratio et pourront augmenter les taux d’intérêt comme compensation aux potentiels risques.  

Le second risque serait celui du bank run, qui peut se manifester si le public perd confiance dans la capacité du système bancaire à restituer l’épargne privée. Un bank run consiste en des prélèvements massifs par une partie de la population car craignant soit une hausse de l’inflation qui dévaluerait l’épargne, soit une faillite de l’institution bancaire qui ne pourrait plus garantir les dépôts des épargnants. 

Les bank runs sont des phénomènes relativement marginaux, bien qu’ils aient eu lieu à assez grande échelle en Europe au début des années 2010. Dans les pays les plus fragiles économiquement, notamment la Grèce, Chypre ou l’Italie, certaines banques ont vu des milliards d’euros réclamés en quelques jours. La nature même du business model des banques empêche ces dernières de pouvoir liquider leurs prêts et investissements afin de restituer les dépôts immédiatement.

Il faut comprendre que votre épargne constitue la matière première des banques, qu’elles prêtent ensuite aux entreprises à un taux plus élevé ou la placent sur les marchés financiers. Ce sont donc des placements peu liquides. 

Il ne faut généralement pas s’inquiéter de bank runs à grande échelle. En effet, dans les cas que nous avons cité, les états et les institutions financières sont intervenus afin d’imposer des seuils de prélèvements. Bien qu’il y ait eu des émeutes en marge, les états et les institutions bancaires ont pu s’en sortir et renouer avec une certaine stabilité bancaire et financière. 

Des risques structurels 

Il existe ensuite deux risques structurels qui peuvent menacer la stabilité financière et à terme vos économies. Les banques sont actuellement toujours sous-capitalisées et ont contracté des dettes excessives pendant cette décennie afin de nourrir les marchés financiers et l’expansion économique de secteurs entiers comme l’e-commerce ou la tech. En cas de resserrement des flux de revenus pour les banques, elles pourraient devenir insolvables et risquer la faillite.

Ce qui fait référence au second risque systémique, qui est l’absence de garantie absolue que les états ou les institutions financières les sauvent en cas de faillite. En 2008, si certaines banques furent repêchées par les états car considérées comme « too big to fail », il n’est pas sûr que le scénario se reproduise de la même façon en 2020. 

Un secteur qui reste malgré tout solide 

Malgré les risques que nous avons identifiés, le système bancaire repose néanmoins sur des fondamentaux solides. Premièrement, les banques ont pu se consolider après la crise de 2008 qui a vu les acteurs les plus négligents éliminés puis rachetés par les survivants. Ensuite, la décennie 2010 fut caractérisée par des taux d’intérêt presque nuls voire négatifs qui ont permis aux banques d’accumuler des milliards de dollars en cash, réduisant ainsi leurs leviers financiers.

De plus, les régulations post-2008 ont généralisé les assurances sur les dépôts, isolé les banques de dépôt des banques d’investissement (Dodd-Frank Act de 2008), rendus les bank runs maîtrisables et ont imposé des obligations de capitalisation plus rigoureuses (accords de Bâle III). Enfin, les banques sont mieux positionnées qu’en 2008 pour affronter un choc systémique car elles ont assaini leurs bilans ainsi que leurs portfolios, puisqu’elles ne seront plus couvertes par les états si elles s’engagent dans des activités spéculatives aux risques bien identifiés. 

Quelles alternatives à la banque ? 

Si malgré notre exposé vous n’êtes toujours pas rassuré et que vous désirez isoler votre épargne d’un système qui, malgré tout peut sombrer dans l’imprévisible, il existe des alternatives solides au système bancaire conventionnelles. 

Les néo-banques (Revolut) 

Les néo-banques se distinguent des banques traditionnelles dans le fait qu’elles n’adhèrent pas au système de réserves fractionnelles qui fonde le système bancaire tel qu’on le connait. Ce principe implique que les banques commerciales déposent une part de leurs dépôts auprès de la banque centrale, créant ainsi un marché des capitaux interbancaire, organisé par la banque centrale. Ce système justifie les opérations de levier et impose des règles de capitalisation minimale. Les néo-banques, puisqu’elles s’organisent sur Internet, n’ont pas à adhérer à ce système.

Revolut est aujourd’hui la néo-banque qui a poussé le concept le plus loin, en articulant flexibilité bancaire, stabilité, garanties réelles (jusqu’à 250 000$) et fintech. La plateforme Revolut vous permet non seulement de gérer votre épargne dans les moindres détails mais également d’investir dans les devises étrangères en quelques secondes.

Vous avez la possibilité de convertir pour quelques points de pourcentage vos avoirs en une trentaine de devises, vous permettant ainsi de diversifier votre épargne et limiter votre exposition à un risque monétaire particulier. Enfin, Revolut vous permet de retirer de l’argent des distributeurs partenaires gratuitement et d’envoyer/recevoir des fonds à des prix bien plus avantageux que les concurrents. 

Veracash

Veracash est une plateforme 100% français lancée en 2014 et élue « Pépite génération French Tech » en 2018 par la branche innovation et startup de la SNCF. Il s’agit d’une plateforme qui vous permet de convertir vos avoirs monétaires en métaux précieux, avec une carte Veracash à la clé. 

La monnaie que Veracash introduit est la Vera Valor, qui sur une carte Mastercard vous permet d’effectuer des transactions classiques en payant en or (après conversion vers l’euro). La vraie valeur ajoutée de Veracash est qu’elle vous permet de bénéficier des avantages des deux mondes, vous pouvez à la fois stocker votre argent sous forme d’or mais aussi vous en servir pour échanger sans contrainte. Veracash vous propose une gamme fournie de produits aurifères dans lesquels investir (lingots, pièces, joaillerie etc.), vous donnant ainsi une flexibilité sans commune mesure avec les investissements classiques en métaux précieux.

Enfin, Veracash vous donne la possibilité de configurer votre approche d’investissement sans contrainte. La plateforme n’impose pas de montant minimum et vous pouvez opter pour l’achat de quelques grammes d’or afin de commencer. Ce qui signifie que vous pouvez appliquer tout l’éventail des techniques d’investissement que nous avons présenté dans notre mini-série sur les investissements en bourse (typiquement le DCA).  

Les métaux précieux 

Les métaux précieux ont toujours constitué des garanties contre l’incertitude économique et monétaire car ils ont une valeur intrinsèque. Cette dernière n’est que marginalement déterminée par leur utilité réelle dans l’économie, car l’or ou l’argent ne doivent pas réellement leur valeur respective à leur utilisation. En effet, c’est plus la rareté couplée à une stabilité de l’offre qui fait l’attrait des métaux précieux. De plus, l’or et l’argent ont toujours eu une fonction de conservation de la valeur et ont toujours servi d’étalon ou de référentiel, et ce jusqu’à la fin de l’étalon-or en 1973.

L’or est toujours un essentiel aux finances publiques puisque les banques centrales conservent des réserves d’or afin de fournir des garanties tangibles aux créditeurs. Enfin, les métaux précieux sont des valeurs refuges à la fois contre l’inflation et la déflation, qui sont toutes deux des menaces pour les épargnants (l’inflation dévalue en termes réels votre épargne nominale – la déflation se traduit par des taux d’intérêt négatifs : vous allez devoir payer pour déposer votre argent en banque). 

Du cash chez soi 

Vous pouvez enfin envisager de sortir vos liquidités du système monétaire et stocker des sommes en cash chez vous. Cette approche peut sembler assez radicale car elle traduit un manque de confiance total dans les différentes institutions et approches de valorisation et de protection de l’épargne. Cependant elle peut s’avérer décisive si vous vivez dans un environnement économique vraiment instable où tous les acteurs économiques sont exposés à des risques systémiques. Il faut avoir à l’esprit que garder de l’argent chez soi implique de prendre des mesures de sécurité réelles. 

D’autres placements alternatifs 

1- Crypto monnaies

Vous pouvez envisager de placer une partie de votre épargne dans les investissements crypto. Comme nous l’avons détaillé dans de précédents articles, le marché des cryptos connaît actuellement un dynamisme à la fois ponctuel (dû à la crise et au fait que les crypto monnaies puissent constituer une valeur refuge) mais également sur le long terme.

La crise actuelle a remis en cause pleins d’a prioris et peut offrir une véritable opportunité à la technologie blockchain et à l’écosystème crypto pour intégrer l’économie réelle et se voir généralisée. Enfin, les crypto monnaies ont subi de lourdes corrections depuis la bulle spéculative de 2017. Vous pouvez donc les acheter à des prix relativement bas et parier sans risque sur une hausse des cours.

2- Bons du trésor de pays aux finances stables

Si vous pouvez acquérir des bons du trésor US ou si la Commission Européenne décide de lancer les Eurobonds, il serait opportun d’y placer une partie de vos économies.

3- Immobilier 

Ce marché constitue une valeur refuge assez sûre si vous avez accès à des marchés qui sont stables et qui ne sont pas touchés par une offre trop abondante de logements ou un tissu de prêts immobiliers fragiles. Les marchés de l’immobilier en Europe sont généralement stables (à certaines exceptions, notamment l’Espagne), et placer une partie de vos économies dans l’immobilier français, allemand ou italien peut s’avérer intéressant.

4- Investir dans un vrai business « ever green »

Si vous avez l’opportunité d’acquérir des parts dans une PME ou un petit commerce qui ne sera pas touché de façon critique par la crise, saisissez là. Vous contribuerez non seulement à la stabilité du business en question mais en plus vous verrez votre participation s’apprécier sur le long terme et elle sera rémunérée en proportion de votre participation.

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L’hyperinflation et comment s’y préparer 

L’hyperinflation est un phénomène économique qui est ravageur à plusieurs niveaux. Elle peut se manifester lorsque la crédibilité d’une monnaie nationale s’effrite du point de vue des opérateurs économiques, des investisseurs et des créditeurs. L’institution bancaire centrale perd de sa crédibilité car elle ne peut plus maîtriser le cours de la monnaie ni la capacité à la protéger des attaques spéculatives. L’hyperinflation caractérise une inflation qui croît vite, détruit une monnaie nationale et fait s’envoler les prix des produits et services.

L’inflation est un véritable poison car elle détruit la valeur épargnée, et peut réduire de façon substantielle la valeur réelle de vos placements passifs. Cela s’explique par le fait que votre épargne est nominale ; vous déposez 100€, mais si une période d’inflation se manifeste, votre épargne nominale de 100€ ne correspond plus en termes de valeur aux 100€ initiaux. Aujourd’hui nous allons explorer le concept d’inflation, identifier ses causes, ses différentes formes et présenter des approches et solutions pour s’en prémunir au niveau individuel.

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Qu’est-ce que l’inflation ? 

Commençons par définir l’inflation et les différentes causes de cette dernière. L’hyperinflation consiste dans le fait que le rapport entre la masse monétaire et la valeur ajoutée créée dans un pays n’est plus à un niveau qui permette une conservation de richesse et une création de valeur significative. Pour définir l’inflation d’un point de vue mathématique, s’il existe 10€ pour 10€ de valeur ajoutée, alors le rapport est d’un.

Mais si la valeur ajoutée créée reste stable et que la masse monétaire passe à 100€, la valeur de la monnaie est divisée par 10. L’hyperinflation est généralement la conséquence d’un choc économique ou politique majeur (guerres, crises économiques, crises sociales) où l’Etat ne peut plus financer son budget par la dette ou la fiscalité et se voit obliger d’émettre de la monnaie. L’hyperinflation peut également se produire au niveau du secteur privé, par exemple si un choc externe de l’offre réduit drastiquement la disponibilité d’un produit en particulier. 

Les différentes sources d’inflation 

Il existe trois principales sources de l’inflation : par le taux de change, par les coûts et  par la politique monétaire (politique d’émission monétaire ou politique du taux directeur).

Pour présenter ces différents scénarios inflationnistes et les ancrer dans un contexte historique, nous allons prendre plusieurs exemples historiques.  L’exemple typique de l’inflation par création monétaire artificielle et injection directe dans le circuit monétaire est celui de l’Allemagne après la Première Guerre Mondiale. Le traité de Versailles de 1919 imposa à l’Allemagne vaincue des réparations de guerre pharamineuses, ce qui provoqua un endettement inédit de la nouvelle République Allemande.

Pour financer cette dette, la banque centrale décida d’imprimer en masse de nouveaux billets, les injectant directement dans l’économie allemande. En quelques mois, la stabilité des prix s’effondra et les Allemands se retrouvaient à pousser des brouettes pleines de milliards de Marks afin d’aller acheter du pain.  

Les conséquences furent dévastatrices: l’effondrement du mark allemand provoqua une faillite généralisée des entreprises et de l’Etat Allemand. Incapable de payer les réparations et de soutenir le système productif, ce dernier se retrouva confronté à une occupation militaire française au cœur de son poumon industriel, ce qui compliqua d’autant plus la situation économique. Bientôt, plus de 6 millions de travailleurs allemands étaient au chômage, et la situation dégénéra en guerre civile (insurrection spartakiste de 1919).  

Maintenant voyons un exemple de l’inflation par taux de change. Un pays comme la Turquie subit assez souvent des attaques spéculatives sur la lire turque. Une grande partie de la dette des entreprises turques est libellée en dollars, mais lorsque la situation économique turque se détériore à cause d’un choc extérieur, les investisseurs en dette turque vendent leurs actifs détenus en lires afin de récupérer leurs dollars et sortir du marché national, ce qui contribue directement à inonder les marchés de lires et à retirer des dollars de la circulation.

L’effondrement du cours de la lire peut être une conséquence immédiate si la banque centrale ne prend pas les mesures nécessaires (faire baisser le taux d’intérêt directeur par exemple). Le rapport entre les lires en circulation et les dollars en circulation augmente à l’avantage des lires, ce qui fait baisser le cours de la lire par rapport au dollar et provoque une inflation par le taux de change.

Cette situation est particulièrement précaire pour des pays comme la Turquie, qui dépendent d’importations conséquentes pour alimenter son système productif. Si la lire turque perd substantiellement de sa valeur par rapport aux devises étrangères, les entreprises turques se retrouveront à payer bien plus cher les éléments essentiels à leurs activités. L’inflation par le taux de change se transforme alors en une inflation par les coûts.

Etudions enfin l’inflation par les coûts. Le choc pétrolier de 1973 est une conséquence directe de la guerre de Kippour qui opposa l’Etat d’Israël à une coalition de pays arabes. Après la défaite arabe, ces derniers, frustrés par le soutien inconditionnel des pays occidentaux pour Israël, décidèrent de réduire d’un coup leur production de pétrole, provoquant ainsi un choc externe de l’offre. La conséquence de cette action unilatérale fut l’envolée du cours du baril, qui quadrupla en quelques semaines.

Les structures de coûts dans le monde entier furent bouleversées. Les coûts des marchandises s’envolèrent puisque le transport devint d’un coup quatre fois plus cher. Beaucoup de biens de consommation à base de dérivés du pétrole se retrouvèrent également plus chers, et cela gela l’activité économique, provoquant une véritable crise économique. Le pouvoir d’achat des ménages se réduit et la capacité des entreprises à payer fut grandement endommagée.

L’inflation, un phénomène ambivalent 

L’inflation est donc un phénomène aux facettes multiples. Il est donc difficile de le maîtriser sans imposer de rigoureuses régulations au niveau des banques centrales. Il est intéressant de noter par ailleurs que depuis les années 1980, la mission auto-déclarée des grandes banques centrales est de contrôler l’inflation, en utilisant les différents outils qu’elles ont à leur disposition (dévaluation, taux directeur, émission monétaire). Les Etats et les banques centrales combattent donc l’envolée de l’inflation de façon systématique, œuvrant généralement à la maintenir en-deçà des 2% (traité de la Banque Centrale Européenne).

Ce tampon d’inflation à moins de 2% est considéré comme idéal, car il laisse une marge de manœuvre importante aux banques centrales pour réduire le taux d’intérêt directeur sans provoquer de déflation (la déflation étant le contraire de l’inflation : une baisse des prix et des taux d’intérêt négatifs par excès de liquidité). En effet, le taux d’intérêt réel correspond à la différence entre le taux d’intérêt nominal et le taux d’inflation.    

L’inflation est donc un outil de politique monétaire ambivalent. Il existe une relation en macroéconomie entre l’inflation et le chômage, décrite par la courbe de Philips. Cette courbe démontre qu’il existe une relation inversement proportionnel entre l’inflation et le taux de chômage. Une inflation relativement élevée se traduit mécaniquement par une baisse du taux de chômage, tandis qu’une baisse de l’inflation provoque une hausse du chômage. Cette relation était parfaitement valide jusqu’au choc pétrolier de 1973, date à laquelle la structure économique se modifia et invalida cette relation.

On peut dire que jusqu’au choc pétrolier, la politique économique d’un pays était déterminée par la position sur la courbe de Philips que le gouvernement choisissait : une inflation élevée pénalise les épargnants, forçant donc ces derniers à investir au plus vite leur argent en création de valeur tangible (ce qui a pour conséquence, in fine, à créer des emplois). Au contraire, une inflation proche de zéro favorise les épargnants et incite les détenteurs de capitaux à placer leur argent en banque plutôt que d’affronter les risques que présente l’économie réelle.  

L’hyperinflation est-elle un scénario réaliste aujourd’hui ? 

Cela dépend des pays et des situations financières et économiques. D’une façon générale, dans la zone euro, l’inflation est peu probable car la BCE a un mandat qui lui donne les pleins pouvoirs pour réguler les tendances inflationnistes. L’euro est une monnaie stable, globale et institutionnellement bien gérée. Il s’agit de la seconde devise en termes de volumes de transaction au monde. De plus, la BCE dispose d’un canal d’injection monétaire (le quantitative easing) qui consiste à certes créer de la monnaie ex-nihilo, mais pour stabiliser la situation financière des états membres en rachetant les bons du trésor des pays en difficulté. C’est pour cela que la principale menace à vrai dire, serait la déflation plutôt que l’inflation. 

La déflation est la conséquence directe d’un excès de liquidité sur le marché. Les capitaux sont accessibles à des taux d’intérêt qui convergent vers zéro et qui parfois deviennent même négatifs. La logique est simple : vu que les taux d’intérêt baissent, les investisseurs cherchent à placer leurs capitaux dans des actifs tangibles. Face à l’assiette d’actifs disponibles, les masses monétaires font mécaniquement baisser la rémunération du capital (loi de l’offre et de la demande).

Pire, les investisseurs, inquiets de voir leur capital s’amenuiser en banque, deviennent de moins en moins regardants vis-à-vis des actifs qu’ils convoitent. Cela peut provoquer des spirales spéculatives et des crises financières graves (exemple typique du Japon qui, dans les années 1990 a connu une sévère période de déflation dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui). 

Comment se protéger de l’inflation ? 

Il existe des classes d’actifs qui servent de réserves de valeur. Elles agissent comme des refuges permettant d’épargner non pas des sommes nominales (qui seraient soumises à l’inflation) mais un pouvoir d’achat relatif. On parle notamment des métaux précieux (or, argent), des matières premières (pétrole, platine) ou encore de produits financiers stables et garantis (obligations et bons du trésor). Bien que l’on considère les monnaies conventionnelles comme valeurs refuges (notamment les monnaies stables : dollar, euro, livre sterling) qui ont l’avantage d’être liquides, elles restent l’objet de manipulations et chocs économiques qui augmentent le risque.

D’un point de vue général, tout investissement qui verra sa valeur réelle se conserver et augmenter de façon plus prévisible qu’une monnaie conventionnelle constitue une valeur refuge. Acheter des œuvres d’art ou des vins fins est autant d’actes d’investissement visant à soustraire un volume monétaire du circuit et à en conserver (voire augmenter) son pouvoir d’achat.

On favorise généralement les actifs rares dont la valeur ne peut être sujette à un choc de l’offre qui ferait baisser significativement sa valeur. L’or ou l’argent ont des fonctions de production plus ou moins prévisibles, ce qui garantit une relative stabilité de son cours sur le long terme, malgré quelques variations ponctuelles qui peuvent être spectaculaires et qui offrent souvent des opportunités d’investissement spéculatif. La terre ou l’immobilier sont des investissements plus risqués, car le marché de l’immobilier peut s’effondrer suite à une conséquence de l’effondrement de la demande ou d’un excès de l’offre (crise immobilière en Espagne, crise des subprimes en 2008). 

Les investissements spéculatifs ne sont pas considérés comme étant des valeurs refuges. Un investissement spéculatif diffère d’un investissement refuge dans la mesure où l’on cherche à bénéficier financièrement d’un investissement spéculatif, tandis qu’un investissement refuge est une protection contre l’incertitude économique. Certains pourraient considérer que conserver son pouvoir d’achat en investissant en bourse est réaliste. Cependant la définition même d’une valeur refuge implique que l’actif en question vous garantisse dans une marge de certitude assez élevée une stabilité face à votre futur pouvoir d’achat.

Les titres d’entreprises sont déterminés par les cycles économiques, ce qui signifie qu’en cas de crise économique accrue qui mette en danger la stabilité d’un système monétaire, peu seront les entreprises qui verront leurs actions s’envoler. Les crypto monnaies sont également considérées comme des instruments spéculatifs au vu de la volatilité de leur cours et de l’exposition à une variété de risques (cyber sécurité, régulations, etc.).

En conclusion, bien que l’hyperinflation soit un phénomène économique dont les états et les institutions mondiales ont appris à se prémunir, il peut toujours constituer un risque, notamment dans les économies encore instables ou les pays qui font régulièrement l’objet de crises sociales et politiques. Dans le monde occidental du moins, l’hyperinflation relève davantage de l’histoire que du futur, bien que cette dernière reste d’actualité dans des pays comme le Venezuela, l’Argentine, la Turquie ou la Russie.  

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