Mikael Messa

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Sur quelles entreprises investir pour sortir gagnant en bourse ?

Nous avons abordé plusieurs fois, au cours de cette série sur comment sortir gagnant de la crise actuelle, le thème de la bourse et des marchés financiers. Ces derniers, exposés actuellement à des modifications parfois structurelles, offrent nombres d’opportunités tant aux investisseurs qui parient à la hausse qu’aux traders qui parient à la baisse.

Nous avons profité de l’occasion pour introduire nombre de concepts qui serviront aux débutants pour naviguer ces eaux souvent troubles mais poissonneuses. Aujourd’hui, nous allons nous adresser aux lecteurs qui veulent investir en position longue (c’est-à-dire bénéficier d’une hausse des cours) en présentant une fiche détaillée des quatre principaux secteurs à surveiller afin de générer des retours positifs sur les marchés financiers en quelques mois. 

Pour introduire ce guide, il faut commencer par établir un fait somme toute universel. Les crises économiques, politiques, sociales ou sanitaires font des perdants et des gagnants. Loin de nous l’idée de dire que les gagnants « volent » aux perdants. Mais il s’agit là de la logique même des marchés financiers. Certains ont, par le passé, parié sur une tendance particulière et ont placé des sommes, soutenant des pans d’activités.

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D’autres ont fait la même chose, mais ont parié sur d’autres acteurs. Lorsque la crise vient, les premiers perdent ce que les autres gagnent et vice versa. Le secret pour être parmi les gagnants n’est certes pas une recette applicable à tout et à tous, mais réside dans certains concepts et principes que nous illustrerons aujourd’hui. 

Bien que la crise actuelle du coronavirus n’était pas prévisible (certains diront qu’une pandémie pouvait l’être, mais les modalités, le déroulement et les conséquences ne l’étaient guère), il était toutefois possible, à l’avance, de placer son argent sur des secteurs sûrs qui, même s’ils subiront un impact réel pendant quelques mois, retrouveront vite fait des couleurs une fois la situation passée.

C’est ce que l’on appelle les secteurs « ever green » (toujours verts) car ils se structurent autour de fondamentaux sains (un marché porteur, une structure des coûts avantageuse, une croissance durable et prévisible etc.). 

Ces secteurs ever green sont généralement ceux de l’énergie, des services publics essentiels, de la santé et des biens de consommation. Nous allons détailler ces derniers, analysant leurs fondamentaux économiques, leur business models, les raisons pour lesquelles ils demeurent résilients face à la crise et lister quelques acteurs majeurs sur lesquels placer ses deniers. 

Le secteur de l’énergie 

Il s’agit généralement d’un secteur bien établi, qui subit somme toute très peu de volatilité. Pendant des années, la demande en énergie n’a fait qu’exploser, notamment grâce à l’émergence d’économies gourmandes en énergie (Chine, Inde, Brésil, Turquie etc.) qui ont littéralement absorbé chaque goutte de pétrole et chaque morceau de charbon qu’elles pouvaient trouver.

De plus, les grands acteurs du secteur de l’énergie fossile ont commencé à investir des sommes pharamineuses dans le secteur des énergies renouvelables et vertes, maintenant que ce dernier a atteint une maturité à la fois technologique et commerciale. La relève est donc assurée pour ces grands groupes, puisqu’ils ont encore devant eux une demande gourmande pour leur offre première d’énergie (pétrole, gaz) mais qu’ils ont également un pied dans le secteur énergétique du futur. 

Cette double articulation signifie que les grands groupes sont à la fois établis sur les marchés émergents encore peu sensibles aux énergies renouvelables mais également sur les marchés développés qui opèrent leur transition verte de façon décisive. Ce qui signifie qu’ils « hedgent » leurs risques spécifiquement géographiques et géopolitiques.

Enfin, il est intéressant de noter que le marché de l’énergie au niveau mondial a pris une toute autre dimension, grâce à l’implémentation de projets réellement internationaux qui voient des états collaborer à l’échelle continentale voire mondiale afin de faciliter le transport et la distribution d’énergie pour réduire les coûts (généralisation des gazoducs transcontinentaux : Turkish Stream, NordStream etc ; projets d’oléoducs en Amérique du Nord, Afrique et Asie). 

Les grands groupes à surveiller sont donc Total, Shell, Exxon Mobil, le nouveau géant Occidental (bien que soumis à quelques problèmes ponctuels de type financier suite à l’acquisition difficile d’Anadarko), le groupe italien ENI qui se trouve au croisement de l’Europe et du Moyen-Orient.

A noter que les grands groupes énergétiques des pays émergents constituent encore des investissements spéculatifs risqués. Ces pays dépendant souvent du pétrole ou du gaz d’un point de vue commercial et budgétaire, les groupes sont soumis à l’instrumentalisation politique de gouvernements parfois autoritaires ou corrompus (Russie, Venezuela, Arabie Saoudite, Brésil etc.). 

Le secteur des services publics essentiels 

La crise actuelle a remis en avant la responsabilité et le rôle des Etats à travers le monde. Les citoyens attendent de leurs gouvernements respectifs de prendre en main la situation tout en continuant à assurer l’intégralité des services dont ils bénéficiaient avant. Il est donc tout à fait logique que les services publics dans leur ensemble continueront à fonctionner.

Les entreprises œuvrant dans l’électricité, le traitement de déchets ou encore le traitement et la distribution d’eau ne seront pas impactées. Les travailleurs dans ces secteurs font partie de ceux que l’Organisation  Mondiale de la Santé ont désigné comme essentiels à la continuité de l’activité économique pendant la crise, aussi seront-ils mobilisés et protégés de l’infection. 

Le seul bémol serait que certains états aux finances fragiles puissent expérimenter des difficultés face à l’ampleur de la crise. En effet, face aux dépenses nécessaires pour affronter l’épidémie, mettre en place les infrastructures dans les plus brefs délais, soutenir l’économie et combler les déficits des entreprises étatiques (typiquement compagnies aériennes ou régies des transports publics), certains états se trouveront dans des situations budgétaires et financières compliquées.

Il y a fort à parier par contre que les institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, BCE, FED) aideront les pays et les gouvernements qui auront besoin de marge de manœuvre financière. L’exemple le plus éloquent est celui de l’Union Européenne, qui a mis en place un plan de Quantitative Easing pour soutenir les finances des états membres et qui a débloqué plus de 1000 milliards d’euros pour mutualiser une partie de la dette en activant les mesures d’urgence du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). La faillite d’un état européen n’est donc pour l’instant pas une menace pour la continuité des services publics.

Le secteur de la santé

Les géants de la santé vont évidemment profiter de la crise sanitaire actuelle, car elle leur permet de produire en masse des produits et médicaments nécessaires pour contrer la pandémie. Cependant cet aspect n’explique que partiellement leur attrait pour les investisseurs en bourse. Il s’agit d’un secteur mûr, qui a atteint un seuil critique d’efficacité et de gestion des coûts grâce à une politique d’acquisition et fusion qui a consolidé l’industrie autour des acteurs les plus solides.

De plus, les grands groupes de la santé disposent littéralement de montagnes de cash, ce qui leur permet de capter les startups innovantes dans le domaine de la santé et des biotechnologies et donc d’avoir un avantage compétitif remarquable en terme d’innovation. 

Il faut aussi ajouter à cela la perspective qu’un des grands groupes détienne le brevet exclusif pour produire et commercialiser les vaccins contre le coronavirus à l’échelle mondiale. Il s’agit là d’un marché de près de 8 milliards de clients potentiels ! A noter aussi que certains pays ont autorisés des groupes comme Sanofi à avoir une licence exclusive pour produire et distribuer de l’hydroxychloroquine, ce qui leur garantira des rentrées de revenus conséquentes pour la durée de la pandémie.

Les acteurs principaux du secteur de la santé sont Sanofi,  Gilead Science, Johnson&Johnson, Pfizer, Roch, Merck et Novartis. 

Le secteur des biens de consommation

La consommation de biens et services restera à peu de chose près peu impactée par l’actuelle crise. En effet, les mesures de restriction de mouvement et de confinement ont provoqué une véritable explosion de la consommation parmi les ménages, qui se sont vus adopter des comportements d’achat excessif par crainte de ruptures d’approvisionnement ou de pénurie.

Il n’était pas rare de voir des supermarchés partout dans le monde dévalisés par les consommateurs, remplissant des chariots entiers et achetant pour plusieurs centaines voire milliers d’euros de denrées alimentaires et autres essentiels.

Cette vague de panique a bénéficié aux industries des biens de consommations, puisqu’elles ont non seulement vu une partie de leurs revenus futurs être encaissée plus tôt que prévu, mais aussi parce que la vague de consommation impliqua nécessairement un taux de gaspillage qui conduira à de nouvelles dépenses plus tard. 

Un stigmate de cette tendance réside dans le fait qu’Amazon ainsi que d’autres géants du e-commerce ont recruté plus de 150 000 travailleurs supplémentaires pour pouvoir faire face à l’explosion de la demande. 

Ce constat n’est pourtant pas applicable à l’ensemble du secteur. Les biens de consommation qui nécessitent plus d’investissement seront pour l’instant délaissés (pensez à Apple par exemple), tout comme les chaînes de restauration (Starbucks, McDonalds etc. qui ont vu leurs revenus baisser malgré la systématisation des livraisons à domicile).

Cependant les grands groupes qui sont Coca-Cola, Nestlé, Unilever, P&G ou encore 3M détiennent un catalogue de marques et de produits suffisamment larges pour être résilients face à la crise et profiter de ce boom de la consommation. 

Autres secteurs résilients ou en plein boom grâce à la crise

Mis à part ces quatre grands secteurs, nous pouvons également identifier certains secteurs, moins importants mais tout aussi dynamiques en ces temps de crise. Le secteur tech par exemple, a vu sa capitalisation boursière globale augmenter grâce notamment à l’explosion de nouvelles plateformes de vidéoconférences (Zoom, Skype, voire Houseparty).

Les réseaux sociaux bien établis comme Facebook, Instagram, LinkedIn ou Youtube ont vu leurs taux d’engagement et d’utilisation croître à deux chiffres. Il en va de même pour les plateformes de streaming comme Netflix ou Disney+, cette dernière ayant pénétré le marché du streaming il y a moins d’une année pour se positionner aujourd’hui comme un véritable concurrent à Netflix. 

Le secteur bancaire constitue également une opportunité d’investissement au vu des différents plans de soutiens institutionnels dont il bénéficie en ces temps difficiles. Bien que certaines banques soient exposées à des manques de liquidités ou à une hausse des impayés et donc à une dégradation de leur bilan (augmentation du pourcentage des prêts douteux), la majorité des grands acteurs disposent de suffisamment de capitaux et de cash pour pouvoir se constituer un matelas en cas de crash.

Cela est dû à deux facteurs principaux, le premier étant que nous sortons d’une décennie d’abondance absolue du cash à cause de taux d’intérêt presque nuls voire négatifs. Le second fait écho aux régulations implémentées après la crise de 2008 qui ont imposé une séparation entre les activités de dépôt et d’investissement des institutions bancaires (Dodd-Frank Act en 2008) ainsi que de nouvelles obligations de capitalisation et de réduction des effets de levier (Bâle III). Le secteur bancaire est donc sorti plus consolidé, plus solide et mieux régulé qu’il y a 10 ans. 

Enfin, il existe des opportunités d’investissement dans les secteurs généralement sains mais qui ont vu leur activité économique et leur situation financière se détériorer car lourdement impactées par la crise (hôtellerie, tourisme, transport aérien, divertissement etc.). Les grands groupes dans ces secteurs disposent généralement soit de suffisamment de liquidités pour pouvoir survivre à cette traversée du désert, ou seront sauvés par les gouvernements qui voient en eux un intérêt national stratégique. 

En conclusion, il est tout à fait possible de sortir gagnant de la bourse en ciblant les secteurs et marchés ever green qui, pour des raisons conjoncturelles et structurelles, ne seront pas négativement et durablement impactés par la crise du coronavirus. Il va de soi que si vous décidez de sauter le pas et de placer vos deniers sur les marchés financiers, que vous vous devez de bien vous renseigner et de savoir dans quoi vous vous engagez.

N’hésitez donc pas à accumuler un maximum d’informations quand vous avez identifié des entreprises potentiellement porteuses de retours positifs. Lisez les notes d’analystes, les rapports financiers qui sont publiés chaque trimestre sur les sites des groupes ou sur le site de la SEC (Securities and Exchange Commission – l’autorité US des marchés financiers). Bonne chance et bonne pêche !  

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4 solutions pour sortir l’argent des banques

Les moments de crise comme ceux que nous vivons actuellement peuvent contribuer à ébranler la confiance générale dans les institutions. Certains pays ont vu leurs populations contester l’ordre politique et social établi, tandis que d’autres ont vu tout particulièrement les banques être la cible de spéculation quant à leur effondrement.

Les épargnants comme les actionnaires sont naturellement inquiets que les banques, qui sont au circuit économique et monétaire ce que le cœur est à l’être humain, c’est-à-dire une pompe qui fait circuler les capitaux pour irriguer le tissu économique, ne soient victimes de l’arrêt de l’activité économique. Aujourd’hui dans cet article, nous vous offrons une perspective sur cette question, vous présentant un panorama macro-économique et financier de la question mais aussi des solutions pour désinvestir votre argent du système bancaire conventionnel et le placer en sécurité. 

Quels sont les risques principaux auxquels votre argent est exposé en banque ?

Pour avoir une vision objective de la situation actuelle, il faut commencer par identifier de façon réaliste et calme les risques à la fois structurels et conjoncturels qui menacent le secteur bancaire. Beaucoup tentent aujourd’hui de semer une panique injustifiée afin de vendre des solutions clé en main qui ne servent à rien ou à simplement illustrer leurs théories paranoïaques. 

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Des risques conjoncturels 

Le secteur bancaire est actuellement exposé à plusieurs menaces qui, globalement, ne risqueront pas de faire sombrer toute l’industrie et vos économies avec. Ces risques résident principalement dans le fait que l’activité économique se soit récemment arrêtée à cause de la crise de coronavirus qui a imposé confinement et gel des activités productives non-essentielles. Ceci provoqua chômage de masse (plus de 40 millions de chômeurs en moins de 6 semaines aux USA) et faillite de nombreuses petites entreprises.

Cela contribua également à l’arrêt des investissements productifs (une composante fondamentale de la demande globale et qui s’appuie beaucoup sur l’écosystème financier) et le report de la consommation discrétionnaire des ménages (investissements immobiliers, biens de consommation plus sophistiqués : voitures, appareils électroniques, vacances, divertissement, etc.). 

Tout ceci s’est traduit en termes concrets par une détérioration du bilan des banques commerciales, qui ont vu la proportion des prêts non performants augmenter au-delà des prédictions. Les prêts non performants sont techniquement les prêts qui ont peu de chance d’être remboursés, car ayant subi un impayé de plus de 90 jours.

Bien que tous les prêts non performants ne finissent pas en faillite et en perte sèche pour les banques, la détérioration du bilan contribue directement à dégrader la capacité des banques à pouvoir emprunter et à négocier les taux d’intérêt. En effet, les créditeurs des banques sont attentifs à ce ratio et pourront augmenter les taux d’intérêt comme compensation aux potentiels risques.  

Le second risque serait celui du bank run, qui peut se manifester si le public perd confiance dans la capacité du système bancaire à restituer l’épargne privée. Un bank run consiste en des prélèvements massifs par une partie de la population car craignant soit une hausse de l’inflation qui dévaluerait l’épargne, soit une faillite de l’institution bancaire qui ne pourrait plus garantir les dépôts des épargnants. 

Les bank runs sont des phénomènes relativement marginaux, bien qu’ils aient eu lieu à assez grande échelle en Europe au début des années 2010. Dans les pays les plus fragiles économiquement, notamment la Grèce, Chypre ou l’Italie, certaines banques ont vu des milliards d’euros réclamés en quelques jours. La nature même du business model des banques empêche ces dernières de pouvoir liquider leurs prêts et investissements afin de restituer les dépôts immédiatement.

Il faut comprendre que votre épargne constitue la matière première des banques, qu’elles prêtent ensuite aux entreprises à un taux plus élevé ou la placent sur les marchés financiers. Ce sont donc des placements peu liquides. 

Il ne faut généralement pas s’inquiéter de bank runs à grande échelle. En effet, dans les cas que nous avons cité, les états et les institutions financières sont intervenus afin d’imposer des seuils de prélèvements. Bien qu’il y ait eu des émeutes en marge, les états et les institutions bancaires ont pu s’en sortir et renouer avec une certaine stabilité bancaire et financière. 

Des risques structurels 

Il existe ensuite deux risques structurels qui peuvent menacer la stabilité financière et à terme vos économies. Les banques sont actuellement toujours sous-capitalisées et ont contracté des dettes excessives pendant cette décennie afin de nourrir les marchés financiers et l’expansion économique de secteurs entiers comme l’e-commerce ou la tech. En cas de resserrement des flux de revenus pour les banques, elles pourraient devenir insolvables et risquer la faillite.

Ce qui fait référence au second risque systémique, qui est l’absence de garantie absolue que les états ou les institutions financières les sauvent en cas de faillite. En 2008, si certaines banques furent repêchées par les états car considérées comme « too big to fail », il n’est pas sûr que le scénario se reproduise de la même façon en 2020. 

Un secteur qui reste malgré tout solide 

Malgré les risques que nous avons identifiés, le système bancaire repose néanmoins sur des fondamentaux solides. Premièrement, les banques ont pu se consolider après la crise de 2008 qui a vu les acteurs les plus négligents éliminés puis rachetés par les survivants. Ensuite, la décennie 2010 fut caractérisée par des taux d’intérêt presque nuls voire négatifs qui ont permis aux banques d’accumuler des milliards de dollars en cash, réduisant ainsi leurs leviers financiers.

De plus, les régulations post-2008 ont généralisé les assurances sur les dépôts, isolé les banques de dépôt des banques d’investissement (Dodd-Frank Act de 2008), rendus les bank runs maîtrisables et ont imposé des obligations de capitalisation plus rigoureuses (accords de Bâle III). Enfin, les banques sont mieux positionnées qu’en 2008 pour affronter un choc systémique car elles ont assaini leurs bilans ainsi que leurs portfolios, puisqu’elles ne seront plus couvertes par les états si elles s’engagent dans des activités spéculatives aux risques bien identifiés. 

Quelles alternatives à la banque ? 

Si malgré notre exposé vous n’êtes toujours pas rassuré et que vous désirez isoler votre épargne d’un système qui, malgré tout peut sombrer dans l’imprévisible, il existe des alternatives solides au système bancaire conventionnelles. 

Les néo-banques (Revolut) 

Les néo-banques se distinguent des banques traditionnelles dans le fait qu’elles n’adhèrent pas au système de réserves fractionnelles qui fonde le système bancaire tel qu’on le connait. Ce principe implique que les banques commerciales déposent une part de leurs dépôts auprès de la banque centrale, créant ainsi un marché des capitaux interbancaire, organisé par la banque centrale. Ce système justifie les opérations de levier et impose des règles de capitalisation minimale. Les néo-banques, puisqu’elles s’organisent sur Internet, n’ont pas à adhérer à ce système.

Revolut est aujourd’hui la néo-banque qui a poussé le concept le plus loin, en articulant flexibilité bancaire, stabilité, garanties réelles (jusqu’à 250 000$) et fintech. La plateforme Revolut vous permet non seulement de gérer votre épargne dans les moindres détails mais également d’investir dans les devises étrangères en quelques secondes.

Vous avez la possibilité de convertir pour quelques points de pourcentage vos avoirs en une trentaine de devises, vous permettant ainsi de diversifier votre épargne et limiter votre exposition à un risque monétaire particulier. Enfin, Revolut vous permet de retirer de l’argent des distributeurs partenaires gratuitement et d’envoyer/recevoir des fonds à des prix bien plus avantageux que les concurrents. 

Veracash

Veracash est une plateforme 100% français lancée en 2014 et élue « Pépite génération French Tech » en 2018 par la branche innovation et startup de la SNCF. Il s’agit d’une plateforme qui vous permet de convertir vos avoirs monétaires en métaux précieux, avec une carte Veracash à la clé. 

La monnaie que Veracash introduit est la Vera Valor, qui sur une carte Mastercard vous permet d’effectuer des transactions classiques en payant en or (après conversion vers l’euro). La vraie valeur ajoutée de Veracash est qu’elle vous permet de bénéficier des avantages des deux mondes, vous pouvez à la fois stocker votre argent sous forme d’or mais aussi vous en servir pour échanger sans contrainte. Veracash vous propose une gamme fournie de produits aurifères dans lesquels investir (lingots, pièces, joaillerie etc.), vous donnant ainsi une flexibilité sans commune mesure avec les investissements classiques en métaux précieux.

Enfin, Veracash vous donne la possibilité de configurer votre approche d’investissement sans contrainte. La plateforme n’impose pas de montant minimum et vous pouvez opter pour l’achat de quelques grammes d’or afin de commencer. Ce qui signifie que vous pouvez appliquer tout l’éventail des techniques d’investissement que nous avons présenté dans notre mini-série sur les investissements en bourse (typiquement le DCA).  

Les métaux précieux 

Les métaux précieux ont toujours constitué des garanties contre l’incertitude économique et monétaire car ils ont une valeur intrinsèque. Cette dernière n’est que marginalement déterminée par leur utilité réelle dans l’économie, car l’or ou l’argent ne doivent pas réellement leur valeur respective à leur utilisation. En effet, c’est plus la rareté couplée à une stabilité de l’offre qui fait l’attrait des métaux précieux. De plus, l’or et l’argent ont toujours eu une fonction de conservation de la valeur et ont toujours servi d’étalon ou de référentiel, et ce jusqu’à la fin de l’étalon-or en 1973.

L’or est toujours un essentiel aux finances publiques puisque les banques centrales conservent des réserves d’or afin de fournir des garanties tangibles aux créditeurs. Enfin, les métaux précieux sont des valeurs refuges à la fois contre l’inflation et la déflation, qui sont toutes deux des menaces pour les épargnants (l’inflation dévalue en termes réels votre épargne nominale – la déflation se traduit par des taux d’intérêt négatifs : vous allez devoir payer pour déposer votre argent en banque). 

Du cash chez soi 

Vous pouvez enfin envisager de sortir vos liquidités du système monétaire et stocker des sommes en cash chez vous. Cette approche peut sembler assez radicale car elle traduit un manque de confiance total dans les différentes institutions et approches de valorisation et de protection de l’épargne. Cependant elle peut s’avérer décisive si vous vivez dans un environnement économique vraiment instable où tous les acteurs économiques sont exposés à des risques systémiques. Il faut avoir à l’esprit que garder de l’argent chez soi implique de prendre des mesures de sécurité réelles. 

D’autres placements alternatifs 

1- Crypto monnaies

Vous pouvez envisager de placer une partie de votre épargne dans les investissements crypto. Comme nous l’avons détaillé dans de précédents articles, le marché des cryptos connaît actuellement un dynamisme à la fois ponctuel (dû à la crise et au fait que les crypto monnaies puissent constituer une valeur refuge) mais également sur le long terme.

La crise actuelle a remis en cause pleins d’a prioris et peut offrir une véritable opportunité à la technologie blockchain et à l’écosystème crypto pour intégrer l’économie réelle et se voir généralisée. Enfin, les crypto monnaies ont subi de lourdes corrections depuis la bulle spéculative de 2017. Vous pouvez donc les acheter à des prix relativement bas et parier sans risque sur une hausse des cours.

2- Bons du trésor de pays aux finances stables

Si vous pouvez acquérir des bons du trésor US ou si la Commission Européenne décide de lancer les Eurobonds, il serait opportun d’y placer une partie de vos économies.

3- Immobilier 

Ce marché constitue une valeur refuge assez sûre si vous avez accès à des marchés qui sont stables et qui ne sont pas touchés par une offre trop abondante de logements ou un tissu de prêts immobiliers fragiles. Les marchés de l’immobilier en Europe sont généralement stables (à certaines exceptions, notamment l’Espagne), et placer une partie de vos économies dans l’immobilier français, allemand ou italien peut s’avérer intéressant.

4- Investir dans un vrai business « ever green »

Si vous avez l’opportunité d’acquérir des parts dans une PME ou un petit commerce qui ne sera pas touché de façon critique par la crise, saisissez là. Vous contribuerez non seulement à la stabilité du business en question mais en plus vous verrez votre participation s’apprécier sur le long terme et elle sera rémunérée en proportion de votre participation.

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Comment sortir gagnant de cette crise et gagner 1000€/mois ?

Des centaines de millions de personnes à travers le monde ont vu leurs habitudes bouleversées par les nouvelles circonstances dans lesquelles nous évoluons tous en ces temps de pandémie. Le chômage de masse s’est généralisé aux employés peu qualifiés comme aux cadres, qui se retrouvent au chômage technique face à l’effondrement de la demande. Les commerces et services sont à l’arrêt, laissant ainsi une marge incalculable de progression aux géants de l’e-commerce, qui ont vite saisi l’opportunité pour recruter massivement afin de satisfaire l’explosion de la demande pour la livraison à domicile.

Comme pour chaque crise, il existe une majorité de perdants et une minorité de gagnants, il en va ainsi de la crise actuelle : le malheur des uns fait les affaires des autres ! Dans cet article nous allons vous proposer plusieurs initiatives que vous pouvez lancer dès aujourd’hui afin d’être du côté des gagnants plutôt que des victimes.

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Gagner en bourse en pleine crise 

La première opportunité qui se présente à vous en ces temps de crise consiste à placer votre argent sur les marchés financiers. La crise actuelle a provoqué à travers le monde de sérieuses corrections des cours des actions en bourse des grandes entreprises. Effectivement, l’arrêt de l’activité économique a impacté bien des secteurs, allant du tourisme au transport aérien, en passant par l’énergie ou les industries dépendantes des marchés extérieurs.

Puisque les prévisions de croissance et de bénéfices formulées au début de l’année 2020 (à une époque où le coronavirus n’était pas encore un facteur pris en compte par les acteurs financiers) ne sont plus valables, les cours en bourse des entreprises impactées furent revus à la baisse. Cela s’explique par le fait que le cours d’une action d’entreprise intègre aussi bien la valeur intrinsèque de cette dernière que les bénéfices futurs que la détention de cette action permet (notamment dividendes).

L’arrêt de l’activité économique signifie que les dividendes seront certainement nuls (à moins que certains groupes ne les garantissent pour se préserver des spirales spéculatives), ce qui contribua à faire baisser les cours des actions. 

Si vous investissez maintenant dans des actions d’entreprises qui ont d’habitude des fondamentaux économiques et financiers solides mais qui ont subi des corrections, vous pouvez générer des profits assez intéressants sur le long terme. Par exemple, l’action d’Air France – KLM se situait à environ 10€ avant la crise. Les mesures de confinement réduisirent de près de 80% l’activité du groupe, ce qui précipita son action à 2€.

L’acheter à ce prix et la garder jusqu’à ce que la compagnie aérienne retrouve des couleurs (un an par exemple) vous permettra d’encaisser la différence entre son bas historique et sa valeur ordinaire (soit 10€-2€ = 8€). Votre investissement est d’autant plus sûr, dans ce cas, qu’Air France – KLM est d’une importance stratégique pour l’Etat français, qui ne peut la laisser faire faillite ni tomber entre les mains de fonds vautours ou de private equity. Cette logique s’applique à quantités de secteurs et d’entreprises, il vous suffira de bien vous renseigner, de comprendre la nature du cycle économique et d’avoir suffisamment de recul. 

Vous pouvez également adopter une posture plus court-termiste en spéculant à la baisse sur certains actifs. Cette pratique peut s’avérer lucrative bien qu’elle présente plus de risques. En shortant certaines actions ou matières premières, vous pouvez engranger des profits en peu de temps alors que l’actif en question perd de sa valeur. Nous avons consacré plusieurs articles à la bourse dans cette série, n’hésitez donc pas à les consulter pour plus d’informations. Nous y détaillons les différentes approches (long et short) et décryptons les principaux mécanismes boursiers pour vous !

Les crypto monnaies, une chance historique à saisir ? 

Le marché des crypto monnaies pourrait s’avérer très intéressant, puisque les modalités du marché sont en pleine mutation. Non seulement le bitcoin, la crypto monnaie de référence, va voir son offre se diviser par deux à l’issue du halving (un processus qui consiste à diviser de moitié la récompense que les miners reçoivent du blockchain lorsqu’ils minent un nouveau bloc) ; mais la technologie pourrait se retrouver généralisée bien plus vite dans ce contexte incertain, d’autant plus qu’elle a fait ses preuves ces dernières années.

On pourrait imaginer que dans la nouvelle donne qui émergera après la crise, cette technologie se retrouve intégrée à l’économie réelle bien plus vite que nous l’avions anticipé. Il faut toutefois garder à l’esprit que ni la bourse ni les crypto monnaies ne constituent des valeurs refuges pour votre argent : il s’agit, d’un point de vue strictement technique, d’investissements spéculatifs.  

Lancer son business en ligne 

Avec la généralisation du télétravail et le boom de l’e-commerce, la phase actuelle serait parfaite pour lancer son business internet et profiter du fait que le marketing digital, l’e-commerce ou le freelance en tous genres ne sont pas réellement impactés par la crise. Internet offre aujourd’hui des opportunités intarissables en termes d’idées et de business potentiels. Vous pouvez soit opter pour lancer une activité en e-commerce ou bien proposer des services en freelance ou autoentrepreneurs.

Si l’e-commerce vous tente, sachez qu’il existe des plateformes comme Shopify qui vous permettent de créer votre boutique en ligne en une journée. Shopify met à votre disposition des outils avancés qui donneront à votre site web le design que vous désirez et dans la pure ligne de ce qui se fait aujourd’hui en e-commerce. La richesse de la communauté Shopify est telle que la plateforme héberge à la fois des sites d’e-commerce professionnels et des business personnels gérés individuellement.

Vous pouvez l’essayer gratuitement pour 14 jours ce qui, si vous planifiez correctement votre initiative, devrait être suffisant pour commencer à capter du trafic et effectuer vos premières ventes avant de prendre un abonnement. 

EBay peut également s’avérer être une très bonne opportunité, puisque la plateforme vous permet de vous répertorier comme vendeur. Bien qu’elle n’offre pas les mêmes outils que Shopify, EBay a l’avantage de vous donner plus de flexibilité. Vous pouvez mettre en vente une large gamme de produits que vous marketez de façon organique (via les réseaux sociaux ou en utilisant la plateforme EBay). 

Si vous optez pour un business centré autour des services, il existe plusieurs plateformes qui regroupent des annonces de particuliers comme de professionnels cherchant des individus qualifiés pouvant remplir des missions particulières. Peu importe la niche que vous choisissez, il y a de l’autre côté des gens qui sont prêts à payer en pièces sonnantes et trébuchantes pour un service de qualité et un service client attentif aux détails et à leur satisfaction. 

Vous pouvez explorer les plateformes de freelance comme Upwork ou Fiverr, lesquelles regroupent des clients cherchant des compétences qui vont du design à la rédaction, en passant par le marketing, la finance, le conseil en management ou juridique voire l’ingénierie son et la création musicale. Si certaines catégories nécessitent des compétences réelles qui sont difficiles à improviser (création graphique, musicale, conseil légal etc.), la plupart sont accessibles aux néophytes et si vous savez pitcher et vous vendre, vous trouverez vite des clients réguliers. 

Pour plus de détails sur comment monter votre business en ligne, n’hésitez pas à consulter l’article exhaustif que nous avons consacré au sujet (monter son business internet en 30 jours). 

Exploiter ses compétences et son expertise à son propre compte 

Si vous êtes expert dans un domaine, vous pouvez profiter de la généralisation du télétravail et de nos conseils pour lancer un business internet afin de commencer une activité de conseil en ligne. En mettant en avant votre expertise et votre maîtrise d’un domaine, vous pouvez non seulement éviter de subir les retombées négatives de la crise sur le marché du travail (chômage de masse : presque 40 millions de chômeurs aux USA en un mois), renforcer votre portfolio de travaux et votre marque personnelle (personal brand) et diversifier vos sources de revenus.

Il suffit d’un site web simple mais bien conçu et de cold mailer activement vos clients potentiels. Votre expertise vous angle naturellement vers une niche particulière de clients qui recherchent une maîtrise pointue d’un sujet, d’un domaine ou d’une technologie. Les domaines B2B (business to business) qui restent peu impactés par la crise actuelle incluent le marketing digital, le conseil en IT ou en cybersécurité ainsi que le conseil en business development, en stratégie ou en finance. 

Des business models alternatifs : le Multi-Level Marketing (MLM)

Bien que le MLM demeure un business controversé, il permet de pouvoir se faire un peu d’argent sur le côté sans réellement travailler. Il peut donc constituer une source de revenus passive qui, une fois l’infrastructure mise en place, vous permet d’engranger des profits tout en vous consacrant à d’autres projets (notamment un business sur internet ou le trading). 

Le concept du MLM est que vous intégrez une structure de vente et de distribution de produits particuliers (généralement des compléments alimentaires ou des produits cosmétiques). Votre mission est double : vous constituer un réseau de revendeurs personnel grâce à un système de parrainage qui fonde la base du MLM, et acquérir des volumes de produits à vendre pour les revendre (avec profit) aux revendeurs (qui feront de même). L’efficacité du business model réside dans le fait que vous constituez un réseau suffisamment large pour justifier des volumes d’achat grands pour lesquels vous bénéficiez de remises et rabais (ce qui permet de doper sa marge). 

La controverse du MLM se résume au fait qu’il s’agit parfois d’une pyramide de Ponzi, où le but est de se refiler infiniment des produits qui au final ne servent à rien. Bien que certains réseaux aient des pratiques douteuses, l’industrie est en train d’être régulée et les acteurs les plus malhonnêtes sont éloignés. Les réseaux MLM qui ont émergé ces dernières années mettent donc en avant bien plus l’aspect passion, adossé à des produits innovants que l’on ne trouve pas sur les marchés conventionnels.

Un business à tenter car il vous permettra, avec une petite mise, de non seulement créer un réseau de distributeurs mais également vous consacrer à une de vos passions (si vous êtes un sportif, le business des compléments alimentaires serait un bon début). 

En conclusion, la crise n’est certainement pas une fatalité pour ceux désireux d’être proactifs et de s’engager dans de nouvelles entreprises. Comme nous l’avons vu au cours de cet article, il existe nombre d’opportunités que la crise a créé ou qu’elle permet d’exploiter avec plus de rigueur et de préparation. Des investissements financiers en bourse ou en crypto monnaies en passant par l’entreprenariat en ligne, les occasions de contre balancer les retombées négatives de la pandémie sont nombreuses.

Elles vous aideront non seulement à sortir de l’impasse financière mais également de développer de nouvelles compétences et d’enrichir votre profil et votre personal branding. De plus, il y a rien de mieux que de lancer son activité et voir son travail contribuer directement et intégralement au développement de cette dernière. Profitez donc de ces temps de confinement et de confusion pour sortir des sentiers battus et qui sait, commencer une nouvelle vie !

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Comment investir dans l’immobilier quand on n’a pas d’argent ?

En ces temps de crise et d’incertitude, beaucoup d’épargnants sont à la recherche d’investissements sûrs qui serviront à la fois de valeur refuge et de source de retours sur investissement. Peu d’actifs peuvent proposer l’avantage double de s’apprécier tout en conservant une valeur de base intrinsèque. L’immobilier se distingue par cette caractéristique, surtout lorsque vous opérez sur un marché mature et qui n’est pas susceptible d’être déstabilisé par un pic d’offre ou une structure de financement disproportionnellement dépendante du système financier.

En général, le marché de l’immobilier en Europe a atteint la maturité nécessaire, à quelques exceptions (notamment l’Espagne, qui depuis presque 20 ans entretient une bulle spéculative sur l’immobilier qui s’est traduit par des lotissements construits et aménagés mais totalement inhabités). Aujourd’hui nous vous présentons une approche à l’investissement immobilier qui ne nécessite pas de capital conséquent immédiatement disponible. 

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Avoir une stratégie bien établie et s’y tenir

Il est indispensable de savoir ce que vous voulez faire sur le marché immobilier. Il s’agit de placements sur le long terme et qui sont par définition peu liquides, car l’immobilier nécessite pour les particuliers une projection sur le long terme qui rend compliquée la prise de décision. Vous ne voulez donc pas vous lancer dans un projet pour vous rendre compte qu’il ne sera rentable qu’au-delà de l’horizon temporel qui vous convient. Cela vous pousserait à devoir brader le bien en question afin d’en améliorer la liquidité au moment t. 

Penser sa stratégie d’investissement dans l’immobilier

Votre stratégie d’investissement s’articule autour de trois facteurs. Premièrement, vous devez établir de façon claire votre objectif. Quel sera votre business model et comment comptez-vous bénéficier de votre investissement ? Ciblez-vous une appréciation de votre investissement ou voulez-vous encaisser un cash-flow immédiat qui pourrait par exemple financer votre emprunt sans éroder votre capital ? 

A la recherche d’une appréciation de votre bien

Si vous tablez sur une appréciation de votre capital, il faudra donc être prêt à bloquer une somme assez conséquente que vous n’aurez pas besoin de retirer dans l’urgence, c’est-à-dire à un moment où vous ne contrôlez pas toutes les modalités du marché. La dernière chose dont vous avez besoin dans ce scénario est d’une pression extérieure qui vous force, comme nous l’avons dit, à liquider votre bien avant que vous n’ayez atteint vos objectifs.

Il est donc essentiel de pouvoir se prémunir des imprévus et donc de placer des capitaux qui ne vous sont pas vitaux. Deuxièmement, vous devez déterminer les sommes que vous êtes prêt à investir et capable de financer. Enfin, vous devez avoir une stratégie de désinvestissement (une « exit strategy ») pour empocher la part la plus importante de vos gains. 

Générer des cashflows grâce aux différents types de location  

Dans le second cas, vous devez penser à la location. Il existe trois approches à la location et chacune requiert une infrastructure bien particulière. Si vous souhaitez rester flexible et éviter les engagements sur le long terme, l’idéal serait d’opter pour une formule de location courte durée de type Airbnb. Ce genre de locations s’adapte particulièrement bien aux avoirs immobiliers situés dans des centres touristiques (grandes villes) dans le centre géographique.

Vous aurez principalement affaire à une clientèle touristique, et le prix quotidien du séjour est plus élevé par jour que la moyenne d’une location ordinaire (6 mois ou un an). Les statistiques Airbnb illustrent par exemple qu’un séjour de moins de deux semaines coûte 20% à 50% de plus par jour qu’une location d’un mois ou plus. 

La location sur le moyen ou long terme nécessite quant à elle une autre approche. Il vous faudra lister votre bien sur plusieurs plateformes consacrées et consacrer du temps au screening et à la sélection du ou des locataires qui vous conviennent. Il existe aussi un aspect bureaucratique dans le fait que vous devez établir un contrat et l’enregistrer auprès des autorités compétentes. 

L’aspect financier 

Le deuxième aspect clé de l’investissement immobilier est le côté financier. Il est généralement déconseillé de financer l’acquisition d’un bien immobilier intégralement avec votre capital propre. Nous vivons actuellement une période de taux d’intérêt bas (les taux directeurs sont inférieurs à 1% !) due au fait que la Banque Centrale Européenne utilise les planches à billet pour financer la dette des états membres (Quantitative Easing), inondant de fait les marchés financiers de cash. 

Emprunter une somme conséquente implique que vous autofinanciez une partie de l’opération par des apports personnels, qui peuvent représenter jusqu’à 25% de la somme totale selon votre position financière. Cette stratégie peut s’avérer particulièrement attractive si vous comptez louer de façon stable votre bien. On peut imaginer que les loyers encaissés servent directement à financier les mensualités du prêt, ce qui équivaudrait en termes financiers à une opération identique d’un point de vue du coût à un financement propre, mais sans les risques de perdre votre argent. 

Exit strategy et empocher vos gains

Enfin, vous devez penser à votre stratégie de sortie. Voulez-vous continuer à générer des cashflows en louant votre bien ou comptez-vous à un moment donné cash out et empocher vos gains ? La combinaison des cashflows et de l’appréciation du capital peuvent constituer de réels profits, surtout dans le cas d’un financement par la dette dans un contexte de croissance du marché de l’immobilier. 

Par où commencer ?

Maintenant que vous êtes déterminé à diversifier vos sources de revenus et à investir dans l’immobilier, voyons ensemble les aspects concrets qu’il vous faudra considérer pour concrétiser votre ambition. 

Trouver sa niche et identifier ses besoins 

Il vous faudra commencer par identifier les biens que vous souhaitez acquérir. Cette étape est essentielle car elle déterminera non seulement le business model que vous allez adopter mais vous aidera à clarifier vos besoins de financement. 

Si vous tablez sur une approche de location sur le court terme (type Airbnb), privilégiez les habitations situées dans le centre ou hyper centre-ville, car elles constituent les meilleures opportunités tant pour vous que pour votre potentielle clientèle touristique. Il faut cependant garder à l’esprit que la location touristique de court terme reste saisonnière et peut être soumise à des chocs qui impactent l’industrie du tourisme en général (typiquement la crise actuelle du coronavirus). 

Si vous comptez louer sur le moyen ou long terme, la gamme du bien que vous allez acquérir déterminera votre clientèle cible. Si vous voulez investir dans une grande ville, vous pouvez compter sur une population d’étudiants ou de jeunes actifs qui cherchent où habiter près des zones d’intérêt (près de leur emploi, de leur université, dans des quartiers typés « jeune » etc.)

Evaluer sa capacité à emprunter

Vous devez premièrement évaluer votre besoin en capital. Cela dépendra de votre business model. La location courte durée de type Airbnb cible principalement les touristes et vous allez devoir mobiliser des ressources afin d’acquérir un bien qui soit au centre. Cela signifie souvent que vous allez devoir payer plus cher le mètre carré. 

Si vous optez pour une location long terme, les appartements et studios situés à proximité des lieux d’intérêt que nous avons identifié plus haut seront dans la moyenne du marché dans son ensemble. Vos besoins de financement seront donc moindres par rapport au mètre carré.

Evaluer vos besoins de financement vous permettra non seulement de formuler une demande de crédit réaliste à votre banque (basée sur vos ressources financières et votre projet) mais déterminera également l’apport que vous devrez investir initialement pour débloquer votre crédit. Il s’agit donc d’une étape clé que vous ne pouvez négliger et qui dépend directement du type de location que vous souhaitez proposer.

Trouver le bien qui vous convient 

Après avoir déterminé le type de business model que vous voulez suivre et vos besoins de financement, vous pouvez vous lancer dans une recherche active de biens à acquérir. Les plateformes spécialisées dans l’immobilier sont nombreuses (LeBonCoin, PAP, etc.). 

Ces sites vous permettent d’effectuer des recherches précises en faisant usage des différents filtres de recherche et de la carte interactive qui vous aident à visualiser concrètement l’emplacement et à vérifier les accès. Vous pouvez filtrer en précisant une fourchette de prix (ou de loyers si vous comptez sous-louer un bien), de superficie, de zones géographiques ou encore de nombre de chambres ou salles de bain. Pour gagner du temps et trouver ce que vous cherchez, vous devez faire usage de ces outils de recherche précis.

Après avoir identifié trois à cinq biens qui vous intéressent, il est temps d’entrer en contact avec le vendeur. La phase de négociation est importante et il faudra vous armer de patience et d’informations. L’asymétrie d’information caractérise le marché de l’immobilier, il faut donc programmer une visite détaillée dès que possible. Votre visite servira de base de travail pour votre négociation. Ne soyez pas intraitable et insistez sur les facteurs qui génèrent la valeur du bien et qui peuvent justifier un investissement sur le long terme ou un système de location.

Ne vous précipitez pas et ne montrez pas de sentiment d’urgence qui pourrait vous désavantager dans le processus de négociation, le bien idéal est après tout une notion relative et si le prix d’un appartement que vous aimeriez acquérir vous semble excessif ou injustifié, il ne sert à rien de se précipiter. 

Convaincre votre banquier pour déloquer le capital 

Maintenant que vous savez exactement ce que vous voulez en termes de bien et de capital, il est temps d’aller affronter le banquier ! Votre dossier doit être synthétique et clair. N’hésitez pas à mettre en avant les arguments vendeurs relatifs à votre position financière et à votre projet. Mettez en évidence les points forts qui caractérisent votre initiative. Il est important de faire parvenir aux décideurs que vous savez ce que vous faites et que vous avez de la suite dans les idées. Illustrez les modes par lesquels vous parviendrez à assumer le crédit. 

Concernant les aspects techniques, vous devez comprendre que le spread (la différence entre le taux d’intérêt directeur et celui que l’on vous appliquera) est une modélisation chiffrée du risque qu’il y a à vous prêter. Une position financière solide, stable et prévisible est donc un atout majeur pour réduire au maximum le risque perçu et donc le taux d’intérêt qui vous sera facturé. Il faut garder à l’esprit que les mensualités pourraient augmenter artificiellement le coût de l’acquisition de votre bien et donc rogner soit vos cashflows (vos revenus périodiques) soit votre plus-value à la revente.

Enfin, veillez à négocier un taux d’intérêt fixe, car même si vous pouvez potentiellement bénéficier d’un taux d’intérêt variable si ces derniers baissent, le risque de voir vos charges augmenter d’un coup est bien plus grand et dangereux pour votre business. 

Dernière étape : trouver le locataire idéal 

Si vous optez donc pour une approche de rentabilisation immédiate par la location, il vous faudra conclure votre projet par une recherche du locataire qui vous convient. 

Utilisez les différentes plateformes de listing qui s’offrent à vous. Si vous désirez louer votre bien sur le court terme, listez-le sur Airbnb et autres plateformes similaires. Insistez particulièrement sur la localisation, la proximité des lieux d’intérêt touristique ainsi que le confort. Les touristes cherchent généralement des solutions d’hébergement clé en main où l’aménagement et l’équipement sont bien pensés et offrent tout le confort nécessaire à un séjour court.

Le nettoyage pourrait être confié à des professionnels afin de systématiser l’entretien et ne pas à avoir le faire soi-même. Enfin, il faut penser à l’aspect authentique. Les touristes qui optent pour un local en ville cherchent une immersion, pensez-y lorsque vous réaménagerez et décorerez le local. 

Si vous souhaitez le louer sur le long terme, il est bien plus important de filtrer correctement les locataires. Vous ne voulez pas vous retrouver à avoir affaire à des individus qui ne respecteront pas les règles (vital lorsqu’il s’agit de collocations : des colocataires invivables figurent au top des raisons de rupture de contrat) ou qui risquent de ne pas pouvoir assumer leurs responsabilités vis-à-vis de vous comme de la propriété. Rencontrez les locataires potentiels au moins une fois et essayez de cerner leurs intentions, leurs projets, leurs ambitions et leur capacité à être de bons locataires.

Enfin, veillez à étudier les dossiers de location afin de d’éviter les mauvaises surprises. La loi française en particulier vous offre des protections et des garanties en tant que propriétaire, il serait dommage de ne pas les exploiter.  

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